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Publié le 12 juillet 2016

Interview d’Emilie, Augusta, Géorgie

J’ai le plaisir d’accueillir sur le blog aujourd’hui Emilie du blog Froggyz Adventures qui a suivi son mari en Géorgie, un Etat du Sud-Est des Etats-Unis. Elle nous parle de leur expatriation et leur nouvelle vie aux US.


Quand et comment êtes-vous arrivés aux USA?

Alors, nous habitons aux USA depuis janvier 2014, et nous sommes arrivés après que Kirill, mon mari, ait reçu une opportunité de poste via son entreprise au sein de leur site basé en Géorgie.

A l’époque, il travaillait pour Alstom à Villeurbanne, à côté de Lyon, en tant que Chef de Projet Export qui compte des usines un peu partout dans le monde. Depuis longtemps, on savait tous les deux qu’on s’expatrierait un jour, c’était vraiment un projet qui nous tenait à cœur. Et quitte à partir, on voulait choisir une destination qui nous plaisait et surtout qu’on ne pourrait pas visiter en seulement deux semaines de vacances. On a envisagé l’Australie pendant un moment, mais trop peu d’opportunités professionnelles se sont présentées pour qu’on concrétise notre expatriation dans ce pays.

Les autres options étaient le Canada et les USA, et le timing a fait qu’un poste s’est ouvert dans l’usine de Waynesboro, à environ 30 miles au sud d’Augusta en Géorgie, au moment où nous exprimions notre demande de transfert. D’Augusta on ne connaissait rien du tout, mais nous avons eu l’occasion de découvrir cette ville pour la première fois lors d’une semaine d’entretiens et de repérage en novembre 2013. Cela nous a permis d’avoir une bonne idée de l’environnement qui nous attendait.

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Quels visas avez-vous, et quels ont été les délais d’obtention ?

Nous avons été sponsorisés par l’entreprise de Kirill qui a confié les démarches administratives à un cabinet d’avocats américain spécialisé dans l’immigration. Nous avons obtenu des visas « E », E1 pour le demandeur principal, mon mari, et E2 pour moi, le « dépendant ». Il était indispensable que je puisse avoir un visa me permettant de travailler car je voulais vraiment enrichir mon expérience professionnelle. Après notre semaine à Augusta, tout est allé très vite : le rendez-vous à l’ambassade, la réception de nos passeports avec nos visas collés à l’intérieur, les cartons, les fêtes de fin d’année, puis le départ… Un bon mois sous haute tension (ahah) dont on se rappellera longtemps!

Courant 2015, nous avons changé nos visas pour des L1 et L2. Pour ma part, j’ai dû refaire également une demande d’EAD (permis de travail), ce qui s’est avéré un peu stressant car j’étais en poste. Je craignais qu’il y ait un décalage dans l’obtention de ces deux documents qui m’obligerait à quitter mes fonctions momentanément. Nous avons dû rentrer en France et repasser par l’ambassade des USA à Paris pour justifier cette nouvelle demande, mais tout s’est bien déroulé et nous avons reçu les visas seulement quelques jours après.


Est-ce que l’entreprise vous a pris en charge pour la relocalisation ?

Oui. L’entreprise a pris en charge notre déménagement et le transport de nos affaires par container de Lyon jusqu’à Augusta. A notre arrivée, un agent immobilier était à notre disposition pour nous aider à trouver un logement et effectuer les premières démarches administratives (sécurité sociale, compte en banque…). Nous avions un logement meublé temporaire dans une résidence jusqu’à la livraison du container. Deux mois plus tard nous avons emménagé dans notre appartement actuel.


Quels sont vos profils respectifs?

Kirill a un DUT Génie Mécanique et un Master 2 Chef de Projets International. Il a fait une partie de sa formation en alternance chez Alstom (Areva à l’époque). C’est après 6 ans d’expérience au sein de l’entreprise qu’il a obtenu son poste actuel aux USA.

Moi j’ai un double diplôme Master 2/MBA en Marketing et Développement International des Entreprises. Nous sommes tous les deux passés par une école de commerce lors de notre parcours. Nous avions tous les deux le goût de l’international, des langues, des relations interculturelles, et surtout l’envie de vivre une expérience à l’étranger !

Georgie

As-tu trouvé un job facilement en arrivant ? Dans ta branche ?

J’ai reçu mon EAD en mars 2014, soit un peu plus de deux mois après notre arrivée. Nous ne connaissions absolument personne ni à Augusta ni aux USA, donc j’ai dû repartir de zéro pour me faire un réseau. Pour être sincère, cela n’a pas été facile. J’ai pris sur moi pour mettre de côté ma timidité et ma peur de parler anglais et rencontrer un maximum de personnes, simplement pour obtenir des informations sur les potentiels employeurs à Augusta et créer des contacts.

J’ai été invitée à un lunch du Rotary Club, j’ai eu plusieurs rendez-vous avec des personnes influentes qui n’avaient pas spécialement de poste à proposer mais qui ont eu la générosité de m’ouvrir leur réseau. Finalement, c’est en juillet, soit 4 mois après la réception de mon EAD, que j’ai obtenu mon premier poste en tant que « Customer Service Representative » avec l’aide d’un ami italien. Ce n’était pas le job de mes rêves ni mon métier, mais ce fut une expérience enrichissante.

En octobre 2014, j’ai décroché un poste en Marketing dans une entreprise locale et familiale qui gère des Malls et zones commerciales. Un super moyen pour moi d’être immergée à 100% dans la culture américaine ! J’ai récemment quitté ce poste, après un an et demi, pour une nouvelle opportunité dans une boîte franco-américaine, dans le marketing agroalimentaire.

Quel était votre niveau d’anglais avant de venir ?

Alors, on pensait qu’on était plutôt bons 🙂 Moi j’avais vécu 8 mois à Dublin en Irlande, et j’avais pourtant bien pratiqué pendant mon cursus scolaire. Quand on est arrivés ici, on a eu l’impression de repartir de zéro ou presque. Surtout que dans le Sud ils ont un accent très marqué et emploient pleins d’expressions qu’on n’avait jamais entendues auparavant.

J’ai fait le choix de prendre des cours d’ESL (English as Second Language) dès notre arrivée pour me rafraîchir la mémoire. Cela s’est avéré être un bon moyen de rencontrer des gens de toutes nationalités, d’apprendre pleins de choses sur la culture américaine et aussi d’optimiser mon temps pendant que j’attendais mon permis de travail! Finalement c’est revenu assez vite, on a fini par s’habituer à l’accent et on continue à améliorer notre niveau d’anglais chaque jour!

Comment vous etes vous recréé un cercle social ?

À part une cousine qui vit à New York, nous ne connaissions personne aux États-Unis, les rencontres se sont faites au fur et à mesure. Au départ on voulait surtout se familiariser avec notre nouvelle ville, notre nouvelle vie… Alors quand nous sommes arrivés, on a dédié pas mal de temps à visiter les alentours, prendre nos marques et découvrir les environs. Mais on avait quand même pour objectif de rencontrer des américains et se faire de nouveaux amis ici!

Je nous ai alors inscrits sur Meet-Up et nous avons participé à plusieurs activités (restaurants, bowling, patinoire..) avec des gens de tous horizons. C’était sympa au début, et on a d’ailleurs rencontré quelques bons copains que nous voyons toujours, mais assez rapidement le concept n’a plus correspondu à ce qu’on recherchait, donc on a arrêté.

Aussi, comme je le disais juste au dessus, grâce à mes cours d’anglais, j’ai sympathisé avec d’autres élèves, mais surtout avec ma prof, Elaine, qui nous a invités à passer Pâques et Thanksgiving avec elle et sa famille. Elle m’a aussi beaucoup aidé à me préparer pour mes entretiens d’embauche. Nous avons également rencontré une jeune française totalement par hasard dans les rues d’un petit quartier sympa à Augusta et nous sommes rapidement liées d’amitié.

Quelques mois après nous, d’autres expatriés et VIE ont rejoint la branche d’Alstom à Waynesboro. Avec ces nouveaux collègues de Kirill nous formons un petit groupe de français (et autres nationalités) bien sympa! Certains sont même devenus de vrais amis avec lesquels nous partageons tout notre quotidien.

Et puis, par le biais de l’Alliance Française d’Augusta/Aiken, qui est toute petite mais qui organise des rassemblements une fois par mois. Nous avons fait de belles rencontres, tous âges confondus, chacun avec son histoire, son parcours, son accent plus ou moins français!

Enfin, mon boulot dans les Malls m’a permis de rencontrer de ‘vrais’ américains, et même si les relations en dehors du travail sont un peu différentes que ce qu’on connaît en France, j’ai gardé de très bons contacts avec quelques-unes de mes collègues que je continue à voir. Je crois qu’elles se sont attachées à leur Frenchie 😉


San Francisco

Quelles ont été les surprises ? Déceptions ?

La première chose qui me vient à l’esprit est le fait qu’on ne s’attendait pas à être autant « dépaysés » en venant aux US. Quand on les connait depuis la France, certaines particularités culturelles ne sont que des faits. Mais lorsqu’on les vit au quotidien, on ne perçoit plus du tout les choses de la même façon.

Je donne juste un exemple parmi d’autres: on sait que le port d’arme est légal dans certains États aux USA, mais quand on croise au supermarché, dans un magasin d’électronique ou de sport, des personnes portant une arme accrochée à leur ceinture, ça fait son petit effet et que ce n’est plus du tout factuel! D’autres aprioris sont aussi une réalité, tels que l’obésité qui est vraiment omniprésente, notamment dans les États du sud et Midwest.

Et plus globalement, l’offre alimentaire qui demande de se pencher dessus quand on s’installe dans le pays, pour comprendre ce qu’on va manger, et maintenir des habitudes alimentaires saines. Encore quelques « clichés » américains dont on entend parler depuis la France et qui se confirment comme par exemple les grands espaces, les longues distances sur les routes du pays, l’organisation des américains et leur sens pratique incomparable, leur foi en la religion, leur dévouement pour la communauté, leur positive attitude, leur service client inégalable, etc.

Pour ma part, j’ai été un peu surprise par certains aspects au boulot. En France, on nous vend pas mal le modèle américain, notamment pour les théories de marketing, d’organisation des entreprises et de management. Finalement j’ai trouvé que ce sont des concepts qui ne sont pas forcément mis en application aux États-Unis. Une autre chose que j’ai remarquée, c’est l’esprit d’équipe qui n’est clairement pas comme on l’entend en France. Les américains sont plus individualistes et valorisent souvent plus la performance personnelle que collective.

Être confronté à une nouvelle culture peut s’avérer difficile au départ pour réagir de la bonne façon et comprendre ses nouveaux concitoyens ainsi que les règles du pays (même de l’État) mais c’est une expérience extrêmement enrichissante.


Des conseils pour futurs expats ?

Il y a cette citation que j’aime bien et qui décrit ce que je ressens par rapport à notre expérience :

« Partir, c’est quitter son cocon, ouvrir ses ailes et s’envoler. C’est s’apercevoir qu’on n’est pas les seuls sur la planète, qu’on ne sait pas tout comme on le pensait. On devient plus humble, plus tolérant, un peu plus intelligent. » Pierre Fillit

S’expatrier, s’envoler hors de sa zone de confort, n’est pas facile pour tout le monde et demande beaucoup d’efforts d’adaptation, de remise en question de soi-même et du pays dans lequel on a grandi, de son système mais aussi de celui qui nous accueille. Il faut être prêt à encaisser un certain choc culturel, à être dépaysé, il faut avoir une bonne ouverture d’esprit pour accepter toutes les différences. Être humble et ne pas chercher à imposer ses opinions ou sa culture, et plutôt apprendre, échanger et s’enrichir de ce que les autres ont à offrir, c’est ça devenir « plus intelligent », plus riche de rencontres et de nouvelles valeurs.

Georgie

Et pour finir, votre relation a vos proches?

Clairement la famille et les copains nous manquent beaucoup! D’autant plus pour moi qui suis très fusionnelle avec ma maman 🙂 Le plus frustrant est de ne pas être présents à toutes les occasions importantes, comme les naissances, anniversaires, baptêmes… Idéalement, on rentre en France au moins une fois par an, pour environ 10 jours, 2 semaines au plus et on essaie de combiner nos dates avec une invitation à un mariage, des retrouvailles entre copains, etc. Entre temps fait de notre mieux pour montrer à nos proches qu’on les aime fort et qu’on pense à eux malgré la distance, on envoie pas mal de cartes, des petits colis, des emails avec de nos nouvelles, et ils peuvent suivre nos aventures sur notre blog (même si on l’a commencé il y a à peine 5 mois), mais je crois qu’ils sont contents pour nous qu’on puissent vivre notre « American Dream » à fond et qu’on profite de tout ce qui s’offre à nous dans ce vaste pays!

Aussi, on a la chance que nos parents aiment voyager et qu’ils adorent les USA! Ils essaient de venir une fois par an dans la mesure du possible, ce qui nous a permis de vivre des moments très intenses et privilégiés, juste entre nous, dans des endroits qu’on n’aurait pas pensé visiter ensemble si nous étions restés en France, tels que la Floride, New-York, les Bahamas et prochainement le Québec pour mon anniversaire! Mais comme nous avons moins de congés aux USA, il nous faut prendre des jours sans solde (avec accord préalable et privilégié de l’employeur) pour pouvoir voyager ici et découvrir l’Amérique du Nord autant que possible en plus des vacances annuelles en France. Alors on profite à fond des weekends et jours fériés pour partir en road-trip, ce n’est pas tout mais on a quand même 50 États à explorer!


Merci encore infiniment Émilie d’avoir répondu a mes questions et nous avoir parlé de votre expatriation aux USA. Pour en savoir plus sur l’aventure d’Émilie et Kirill, retrouvez-les:


Article publié par Laëtitia

Originaire de Grenoble, je suis à mi-chemin entre les trente et quarante bougies. Mon mari et moi sommes arrivés à Portland (Oregon) en septembre 2013, et sommes les heureux parents d’une petite franco-américaine, Olivia, née en 2015.
Je suis l’auteur et la photographe de ce blog que j’alimente dès que j’en ai l’occasion. J’ai la chance d’exercer un métier qui me passionne, à savoir, Responsable Evènementiel.

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